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CARNETS DE ROUTE DE MATÉO MAXIMOFF
Ces Carnets de Route constituent un irremplaçable témoignage historique vécue par la communauté tsigane au cours de la deuxième moitié du vingtième siècle, notamment au travers de son adhésion massive à l'évangélisme. On peut encore y suivre la transformation du fantasme entretenu par les non-Tsiganes sur ce peuple mythique. Enfin, entre magie, religion et raison, tradition orale et écriture, la trajectoire personnelle de Matéo Maximoff condense en un seul individu ces étapes fondamentales de l'aventure humaine depuis son origine. En cela, ces Carnets de Routes constituent un document anthropologique d'une valeur inestimable, et peut-être unique en son genre.
Tant par atavisme que par inclination personnelle, Matéo Maximoff fut, sa vie durant, taraudé par le besoin organique du voyage. Il fut un passeur de frontières géographique,s culturelles et sociales, un pionnier, un transgresseur de tabou, un voleur prométhéen du feu de l'écriture, un « Hypertsigane » qui, les pieds dans la boue et la tête dans les étoiles, arpenta la planète pendant près d'un siècle. De Barcelonne à Paris, de New-York à Delhi, de Stockholm à Jérusalem, du Caire à Budapest, de la zone de Clignancourt au Carlton de Cannes, le lecteur lui emboîte le pas et croise au travers d'une hallucinante fresque, Blaise Cendrars et Juliette Gréco, le Pape et Fernandel, Orson Welles et l'abbé Pierre, Louis Armstrong et Jean Cocteau, des paysans indiens et Felipe Gonzalès et Yéhudi Menuhin, le Général Weygand, des tenanciers de bistrot, des cinéastes, des gendarmes, et une baronne, et j'en passe, et beaucoup, et des meilleurs.
Après avoir refermé ce livre, le lecteur entendra encore longtemps sonner le pas et haleter le souffle de cet étrange marcheur qui, entre quête sprirituelle et apothéose de la liberté, viennent, à l'achèvement du siècle, se confondre à l'horizon éternellement bruissant de la vie. |
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